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Que faire sur la côte amalfitaine : le guide pratique

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Que faire sur la côte amalfitaine : le guide pratique

La côte amalfitaine déroule cinquante kilomètres de falaises plongeant dans le golfe de Salerne, en Campanie, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997. Trois étapes structurent presque tous les séjours : Positano l’iconique, Amalfi l’historique et Ravello la perchée. Entre les deux, le Sentier des Dieux, les villages oubliés et une route à flanc de montagne forment l’un des littoraux les plus photographiés d’Italie.

Les trois villages à voir en priorité

Concentrer un premier séjour sur Positano, Amalfi et Ravello couvre l’essentiel du caractère de la côte. Chacun a une identité tranchée : la verticalité chic, la mémoire maritime, la sérénité des jardins suspendus. La courte distance qui les sépare cache des temps de trajet trompeurs, car la route serpente sans cesse.

Positano, le village vertical

Positano est le village le plus célèbre du littoral, et le plus reconnaissable. Ses maisons pastel s’empilent à flanc de falaise jusqu’à la petite plage de Spiaggia Grande, formant un amphithéâtre tourné vers la mer. La descente vers le port se fait par un dédale d’escaliers et de ruelles bordées de boutiques de lin et de sandales artisanales, héritage de la mode locale née dans les années 1960.

L’église Santa Maria Assunta, coiffée d’un dôme de majolique colorée, abrite une icône byzantine de la Vierge noire. Compter une demi-journée pour flâner, le temps d’accepter que tout se mérite à pied : ici, la voiture ne descend jamais jusqu’à l’eau.

Un conseil de terrain : poser ses bagages en haut du village, près de l’arrêt de bus, et descendre léger. Remonter les centaines de marches avec une valise sous le soleil de juillet refroidit vite l’enthousiasme. Les fins d’après-midi, quand les excursionnistes repartent, rendent Positano à son calme et à sa lumière dorée, le meilleur moment pour la photographier depuis la jetée.

Amalfi, l’ancienne république maritime

Amalfi a donné son nom à toute la côte. Devenue république maritime indépendante dès 839, elle fut l’un des grands ports d’Europe entre les IXe et XIIe siècles, rivale de Venise, Gênes et Pise. Cette grandeur se lit encore dans la trame serrée de ses ruelles et dans l’arsenal médiéval qui borde le port.

Le Duomo Sant’Andrea domine la place principale du haut d’un escalier monumental de soixante-deux marches. Sa façade arabo-normande, mêlant arcs entrelacés et mosaïques dorées, en fait le monument le plus photographié de la ville. Le cloître du Paradis, attenant, aligne des colonnes blanches d’inspiration mauresque autour d’un jardin du XIIIe siècle. À l’intérieur, la crypte abrite les reliques de saint André, ramenées de Constantinople en 1208.

Amalfi conserve aussi la mémoire de son passé technique. Le Musée du papier, installé dans un ancien moulin de la vallée des Moulins, rappelle que la ville produisait dès le Moyen Âge un papier réputé, la bambagina, à partir de fibres de coton. Une remontée à pied dans cette gorge fraîche, le long du torrent, offre une échappée verte loin du front de mer. Amalfi sert enfin de plaque tournante des transports : c’est d’ici que partent bus et bateaux vers le reste de la côte.

Ravello, le balcon sur la mer

Ravello ne touche pas l’eau. Le village se perche à plus de 350 mètres au-dessus d’Amalfi, au milieu des terrasses de citronniers, et s’atteint par une route en lacets ou une navette dédiée. Ce recul lui vaut les panoramas les plus célèbres de la région.

Deux jardins valent le détour. La Villa Rufolo, dont les terrasses fleuries inspirèrent Wagner pour le jardin de Klingsor dans Parsifal, accueille chaque été le Ravello Festival, l’un des plus anciens festivals de musique d’Italie. La Villa Cimbrone, plus haut, ouvre sur la Terrazza dell’Infinito, une enfilade de bustes de marbre suspendue au-dessus du vide. Ravello reste le refuge calme de la côte, loin de la foule de Positano.

Le Sentier des Dieux et les randonnées

La côte amalfitaine se révèle autant par ses chemins que par ses villages. Les Monts Lattari, qui plongent dans la mer, sont quadrillés d’anciens sentiers muletiers reliant les hameaux d’altitude.

Le Sentier des Dieux (Sentiero degli Dei) est la randonnée signature. Le tracé classique relie Bomerano, hameau d’Agerola, à Nocelle, au-dessus de Positano :

  • Distance : 7,8 km en linéaire
  • Durée : environ 3 heures, 4 heures jusqu’à Positano
  • Dénivelé : descente progressive d’environ 400 mètres d’ouest en est
  • Niveau : accessible à tout marcheur régulier, hors canicule

Le chemin file à mi-hauteur entre ciel et mer, avec des vues continues sur Positano, le fjord de Furore et la silhouette de Capri à l’horizon. Partir tôt évite la chaleur et la foule. La fin du parcours impose une descente de 1 500 marches vers Nocelle, puis un bus pour rejoindre Positano.

Pour qui veut prolonger, le Sentier des Citrons relie Minori à Maiori à travers les vergers d’agrumes, sur un tracé plus court et plus ombragé. Ces marches rappellent l’esprit des randonnées entre vignobles et villages des Cinque Terre en Ligurie, autre côte classée à l’UNESCO.

Se déplacer : bus, ferry et scooter

La route panoramique SS163, taillée dans la roche au XIXe siècle, relie tous les villages. Spectaculaire, elle reste étroite, sinueuse et saturée en été. Conduire et se garer y devient vite un casse-tête, et la plupart des visiteurs renoncent vite à la voiture.

Le bus SITA Sud dessert l’ensemble du littoral depuis Sorrente et Salerne. En 2026, le billet coûte 2 € pour 45 minutes, 8 € la journée et 18 € le pass de trois jours. Les tickets s’achètent dans les bureaux de tabac affichant le logo SITA ou via l’application UnicoCampania, jamais à bord. Pour Ravello, une navette part d’Amalfi toutes les vingt à trente minutes.

Le ferry offre l’alternative la plus agréable d’avril à octobre. Les liaisons relient Sorrente, Positano, Amalfi et Salerne, en évitant les embouteillages et en offrant la côte vue depuis la mer :

  • Sorrente vers Positano : environ 1 heure
  • Positano vers Amalfi : liaisons régulières dans la journée
  • Salerne vers Amalfi : moins de 40 minutes

Réserver les bateaux en haute saison reste prudent. Le scooter séduit les habitués, mais la circulation dense et les bus croisés dans les virages le réservent aux conducteurs aguerris.

Plages, baignade et criques

La côte amalfitaine n’est pas un littoral de plages de sable. Les rivages sont surtout faits de galets et de criques encaissées au pied des falaises, souvent accessibles par escaliers ou par bateau.

Trois options dominent pour se baigner :

  • Spiaggia Grande à Positano, centrale et animée, en partie payante avec transats
  • Marina Grande à Amalfi, pratique mais fréquentée, juste sous le centre
  • Les criques de Furore et de Conca dei Marini, plus sauvages, idéales en bateau

Le fjord de Furore mérite un arrêt à lui seul : une faille étroite enjambée par un viaduc, avec une minuscule plage au fond et un ancien hameau de pêcheurs. La grotte de l’Émeraude, près de Conca dei Marini, se visite en barque pour ses reflets verts. Louer un petit bateau, avec ou sans skipper, reste le meilleur moyen d’atteindre les criques inaccessibles à pied.

Villages secrets et art de vivre

Au-delà du trio vedette, la côte cache des bourgs où le tourisme se fait plus discret. Ils prolongent un séjour sans la densité de Positano.

Praiano s’étire entre Positano et Amalfi, face au couchant, avec ses azulejos en céramique sur le chemin de Via Positano et son spot de baignade de la Gavitella. Atrani, accolé à Amalfi mais protégé par un repli de falaise, garde l’allure d’un village de pêcheurs autour de sa placette. Minori et Maiori, à l’est, offrent des plages plus larges et une ambiance plus locale, loin des cars.

L’art de vivre se goûte aussi dans l’assiette et dans le verre. Le limoncello, liqueur de citron de Sorrente, accompagne la fin des repas, tandis que les sfogliatelle et la delizia al limone rythment les pauses sucrées. Les citrons IGP Sfusato d’Amalfi, énormes et parfumés, parfument la cuisine de toute la côte. Un café serré pris debout au comptoir reste le geste local par excellence, comme le détaille notre guide du café italien et de l’espresso au bar. Pour accompagner un dîner de poisson, les blancs de Campanie méritent l’attention décrite dans notre guide des vins italiens par région.

Excursions autour de la côte

La position de la côte amalfitaine en fait une base idéale pour rayonner. Trois sites majeurs se visitent à la journée, en ferry ou en bus, sans déplacer ses valises.

Capri se rejoint en bateau depuis Positano ou Sorrente, en une trentaine de minutes. L’île mêle la Grotte Bleue, les Faraglioni dressés dans la mer et les jardins d’Auguste. Partir tôt évite la marée de visiteurs débarquant en milieu de matinée. La promenade jusqu’au belvédère de Tragara récompense l’effort par une vue plongeante sur les rochers.

Pompéi se trouve à moins d’une heure de route d’Amalfi, via Sorrente et le train Circumvesuviana. Le site archéologique, figé par l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C., reste l’un des plus vastes au monde. Prévoir une demi-journée minimum, de l’eau et un chapeau, car l’ombre y manque cruellement en été.

Naples, à environ deux heures, offre un contraste total : ville dense, baroque, vivante, berceau de la pizza margherita. Son centre historique est lui aussi classé à l’UNESCO. Cette intensité urbaine se ressent jusque dans ses étals débordants, dans l’esprit des marchés italiens authentiques qui rythment la vie du Sud.

Quand partir et organiser son séjour

Le climat méditerranéen rend la côte agréable de longues semaines, mais la fréquentation change tout. Avril, mai, septembre et octobre concentrent les meilleures conditions : températures douces, mer encore baignable en début d’automne, villages respirables. Juillet et août cumulent chaleur, prix au sommet et routes saturées.

Pour une première découverte, baser son séjour à Amalfi ou Maiori simplifie la logistique : transports centraux, hébergements plus abordables qu’à Positano, accès direct aux ferries. Positano reste le choix carte postale, mais le plus cher et le plus escarpé.

Quelques repères pour bâtir l’itinéraire :

  • Réserver l’hébergement quatre à six mois à l’avance pour la haute saison
  • Prévoir des chaussures fermées pour les escaliers omniprésents
  • Combiner bus le matin et ferry l’après-midi pour varier les angles
  • Garder une journée tampon pour Pompéi, Capri ou Naples, toutes proches

La côte amalfitaine se marie bien avec une extension vers le sud. Les Pouilles, talon de la botte italienne, offrent une suite plus calme avec des plages tout aussi spectaculaires et une fréquentation moindre. Prochaine étape concrète : bloquer trois nuits à Amalfi, réserver le ferry Positano-Amalfi et caler le Sentier des Dieux sur une matinée fraîche.