La Sardaigne aligne certaines des plus belles plages de Méditerranée : Cala Goloritzé et ses galets blancs, La Pelosa et son eau translucide, la Spiaggia Rosa au sable rosé. L’île compte près de 1 900 kilomètres de côtes, du granit rose du nord aux dunes dorées du sud-ouest. Voici la sélection par région, avec les accès et les pièges à connaître.
Choisir sa plage dépend d’abord de sa base. Le nord-est concentre les criques de carte postale, le golfe d’Orosei cache les calas les plus sauvages, le sud déroule de longues étendues familiales. Chaque façade a sa signature.
Le golfe d’Orosei, le royaume des criques sauvages
La côte est de la Sardaigne, entre Cala Gonone et Baunei, forme le décor le plus spectaculaire de l’île. Falaises calcaires plongeant dans une mer indigo, plages accessibles à pied après une longue marche ou par la mer uniquement. Rien de balnéaire ici : de l’aventure douce.
Cala Goloritzé ferme le classement de bien des voyageurs, tout en haut. Cette plage de galets, née d’un éboulement en 1962, se reconnaît à son pinacle rocheux de 143 mètres, prisé des grimpeurs. Monument naturel italien depuis 1995, elle impose un quota de 250 personnes par jour et une taxe de 6 euros. Deux options : le sentier de 3,5 km depuis l’altopiano del Golgo, environ 1 h 30 de descente, ou le bateau depuis le port de Cala Gonone.
Juste au sud, Cala Mariolu déploie un tapis de petits galets blancs et roses baptisés localement « riz ». La transparence de l’eau y frôle l’irréel, avec des fonds visibles à plusieurs mètres. La plage se rejoint presque exclusivement en bateau, les navettes partant d’Arbatax ou de Cala Gonone entre avril et octobre.
Cala Luna referme le trio majeur du golfe. Cette baie en croissant, bordée de grottes creusées dans la falaise, servit de décor à plusieurs films italiens. On y accède par un sentier de 4 km depuis Cala Fuili, deux heures de marche, ou par une courte traversée maritime. L’ombre des lauriers-roses en fond de plage offre un refuge rare aux heures chaudes.
Ces trois calas partagent une règle simple : partir tôt et emporter de l’eau. Aucun commerce sur place, hormis un kiosque saisonnier à Cala Luna. Pour bâtir un circuit autour de cette côte, notre guide sur la plus belle partie de la Sardaigne détaille les enchaînements possibles.
Le nord-est et l’archipel de La Maddalena
La Costa Smeralda et ses environs concentrent l’image glamour de la Sardaigne. Eaux vert émeraude, rochers de granit sculptés par le vent, criques nichées entre les villas de Porto Cervo. Le littoral se découpe ici sur une cinquantaine de kilomètres entre Baja Sardinia et San Teodoro.
Cala Brandinchi, surnommée « la petite Tahiti », s’étire à San Teodoro sur 300 mètres de sable fin blanc. Les fonds descendent en pente douce, ce qui en fait un choix sûr pour les familles. Depuis 2023, la commune y applique un quota de 1 447 visiteurs par jour et un ticket de 1 euro, mesure de protection de l’herbier de posidonie.
La Spiaggia del Principe, dans le golfe de Pevero, doit son nom au prince Karim Aga Khan, fondateur de la Costa Smeralda dans les années 1960. Cette crique sauvage, bordée de maquis, ne se trahit par aucune infrastructure. Un sentier depuis la route mène au sable en une dizaine de minutes.
L’archipel de La Maddalena, parc national depuis 1994, réunit sept îles principales et une soixantaine d’îlots. La plage de Cala Coticcio, sur l’île de Caprera, porte elle aussi le surnom de « Tahiti sarde ». Son accès terrestre suppose une randonnée technique d’une heure sur roche, désormais soumise à guide obligatoire. La fameuse Spiaggia Rosa de Budelli, au sable teinté par des micro-organismes broyés, reste interdite au public depuis 1994 : on l’observe depuis un ponton, jamais les pieds dans le sable.
Sur le terrain, ces criques du nord saturent vite. Les navettes maritimes depuis Palau ou Cannigione restent la meilleure porte d’entrée vers l’archipel. Pour trouver une base côté nord, consultez notre article sur où se loger en Sardaigne.
Le nord-ouest, entre Stintino et la côte corallienne
La pointe nord-ouest joue une autre partition : plages larges, eaux peu profondes et lumière qui vire au turquoise sur fond de sable blanc pur. La région d’Alghero ajoute une touche catalane à ce littoral moins fréquenté que la Costa Smeralda.
La Pelosa, à Stintino, incarne la plage la plus photographiée de Sardaigne. Face à l’îlot et à sa tour aragonaise, l’eau atteint à peine la taille sur des dizaines de mètres, translucide comme un lagon. Le succès a imposé des règles strictes : accès limité à 1 500 personnes par jour de mi-mai à mi-octobre, réservation en ligne obligatoire, ticket à 3,50 euros et interdiction des serviettes à même le sable, remplacées par des nattes.
Autour d’Alghero, la Spiaggia delle Bombarde et la Spiaggia del Lazzaretto offrent des criques de pins et d’eau claire à quelques minutes de la vieille ville catalane. Plus au sud, la côte du Sinis autour d’Is Arutas surprend avec son sable fait de quartz, de minuscules grains ronds semblables à des perles, sur une eau limpide adossée à la péninsule de Tharros.
Cette façade se prête au voyage hors saison. Dès mai, la lumière est idéale et les criques restent désertes. Pour caler vos dates, notre guide sur la meilleure période pour aller en Sardaigne compare climat, mer et affluence mois par mois.
Le sud, longues étendues et lagunes à flamants
Le sud de la Sardaigne, autour de Cagliari, troque les criques encaissées contre de vastes plages, des dunes et des lagunes peuplées d’oiseaux. Le décor devient plus ouvert, plus accessible en voiture, souvent moins bondé que le nord à saison égale.
Chia, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Cagliari, aligne plusieurs plages derrière un cordon de dunes montant jusqu’à 60 mètres. La Spiaggia di Su Giudeu, protégée par un îlot, garde des eaux calmes idéales pour les enfants. En arrière-plage, l’étang accueille des flamants roses de septembre à mars.
Tuerredda, plus à l’ouest, dessine une baie fermée d’eau turquoise face à un petit îlot rejoignable à la nage. Sa notoriété lui vaut un quota estival de 1 100 personnes par jour depuis 2020. À l’extrême sud-est, Villasimius et l’aire marine protégée de Capo Carbonara réunissent des plages comme Punta Molentis ou Porto Giunco, adossée à l’étang salé de Notteri où stationnent les flamants.
Autre atmosphère à Piscinas, sur la côte sud-ouest du Sulcis. Ici, des dunes désertiques hautes de 60 mètres, parmi les plus vastes d’Europe, dévalent jusqu’à la mer sur près de sept kilomètres. Le site, ancien terminal des mines du Costa Verde, garde une allure de bout du monde saharien. La chaleur y frappe fort en été : mieux vaut viser le matin ou la fin d’après-midi.
Le sud reste la valeur sûre pour un premier séjour balnéaire. Pour organiser l’ensemble, notre guide sur le séjour en Sardaigne propose des itinéraires selon la durée.
Comparatif : quelle plage pour quel profil
Le choix se joue moins sur la beauté, uniforme à ce niveau, que sur l’accès, la profondeur de l’eau et l’affluence. Ce tableau croise les critères qui départagent réellement.
| Plage | Région | Accès | Profil idéal | Contrainte |
|---|---|---|---|---|
| Cala Goloritzé | Golfe d’Orosei | Marche 1 h 30 ou bateau | Randonneurs, sportifs | Quota 250/jour, 6 € |
| Cala Brandinchi | Nord-est | Voiture | Familles | Quota 1 447/jour, 1 € |
| La Pelosa | Nord-ouest | Voiture | Photographes, familles | Réservation, 3,50 € |
| Chia (Su Giudeu) | Sud | Voiture | Familles, enfants | Parking saturé l’été |
| Piscinas | Sud-ouest | Piste 4 km | Amateurs de solitude | Chaleur, aucun ombrage |
| Tuerredda | Sud | Voiture | Nageurs | Quota 1 100/jour |
La lecture est nette. Les criques du golfe d’Orosei récompensent l’effort et le bateau, le sud et le nord-ouest se plient à la voiture et aux familles, les sites protégés du nord réclament une réservation anticipée. En haute saison, réserver son créneau plusieurs jours avant devient la norme sur La Pelosa et Cala Goloritzé.
Conseils pratiques avant de partir à la plage
Quelques réflexes font la différence entre une journée réussie et une matinée gâchée à chercher une place de parking. Ces règles valent surtout de juin à septembre, quand l’île absorbe l’essentiel de sa fréquentation annuelle.
Partir tôt reste la clé. Sur les criques les plus courues, le stationnement se remplit avant 9 h en juillet-août. Les parkings sont souvent payants, entre 5 et 10 euros la journée, et éloignés de la plage. Une voiture de location s’impose : les bus interurbains desservent mal le littoral secondaire.
Protéger la posidonie fait désormais partie du contrat. Cette plante marine, qui fixe le sable et abrite la faune, vaut à plusieurs plages leurs quotas d’accès. Ramasser du sable ou des galets est interdit et lourdement sanctionné, jusqu’à 3 000 euros d’amende. Emporter ombrage et eau reste vital : beaucoup de calas sauvages n’offrent ni buvette ni location de parasol.
Côté baignade, la mer atteint son confort maximal en juillet et août, autour de 25 degrés, mais reste agréable dès juin et jusqu’en octobre. Les intersaisons évitent la cohue. Pour préparer votre arrivée sur l’île sans exploser le budget transport, notre guide sur comment se rendre en Sardaigne pas cher compare ferry et avion.
Prochaine étape : repérer trois plages selon votre base, vérifier lesquelles imposent une réservation, et bloquer les créneaux dès l’itinéraire fixé. Les criques à quota se remplissent parfois une semaine à l’avance en plein été.

